lundi 15 mai 2017

Le Monde économie : premier fort recul du diesel sur le marché de l’occasion français

Voici un extrait d'un article d'Éric Beziat pour le monde économie, issue d'un entretien avec Vincent Hancart d'AutoScout24. L'article complet est disponible ici.

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Jamais la part du diesel dans les véhicules d’occasion (VO) n’avait connu un tel recul. Jusqu’ici, cette motorisation surdominait le marché, se maintenant sans broncher au-delà des deux tiers des transactions alors que, dans le neuf, cette part est désormais tombée sous les 50 % (48,09 % en avril) et plus proche des 20 % pour les ventes aux particuliers.
La chute du diesel dans le VO est toutefois à relativiser. Non seulement sa part de marché reste largement majoritaire à 65,4 %, mais ce coup de froid intervient dans un marché de l’occasion français en recul de 6,3 % le mois dernier, qui, comme le neuf, a pâti du nombre moindre de jours ouvrables qu’en avril 2016. De plus, cette baisse ne touche pas de façon égale tous les segments. Logiquement, sont surtout concernées les voitures de taille petite à moyenne, pour lesquelles le surcoût d’une motorisation diesel n’a que peu d’intérêt économique.

5,6 millions de véhicules vendus en 2016

Il n’empêche : il s’est vendu 30 000 voitures diesel d’occasion de moins en ce mois d’avril que l’an dernier à la même époque. Et ce n’est probablement pas fini. Les signes avant-coureurs d’une accélération de la mutation sont là. « Nous constatons que, sur notre site, 44 % des recherches concernent des voitures à essence, explique Vincent Hancart, directeur général d’AutoScout 24 France, alors que l’offre essence ne représente qu’un quart des petites annonces. » Un décalage qui risque fort de peser à la baisse sur les prix des occasions diesel.
Avec 5,6 millions de véhicules vendus en 2016, le marché de l’occasion français est, en volume, deux fois et demie plus important que celui des voitures neuves. Son « économie » est intimement liée à celle des véhicules professionnels, flottes d’entreprises, voitures de loueurs, qui fournissent le gros des autos à la revente. Or, ces flottes sont encore équipées à 80 % en diesel, un taux qui ne recule pas pour le moment.
Mais si la demande de diesel d’occasion recule fortement ou si les prix baissent, tout cet édifice sera ébranlé. Les gestionnaires de flottes professionnelles seront tentés de revoir leur politique d’achat, au profit de motorisations différentes : essence ou hybrides.
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lundi 27 mars 2017

Le diesel, un moteur à détruire la santé

Je vous propose ici un article de Coralie Schaub sur le site de Libération, un article particulièrement intéressant puisqu'il met l'accent sur un polluant qui s'est volé la vedette par les particules, polluant très intéressant puisqu'il est spécifique au trafic automobile (et aux moteurs diesel, «de surcroît/comme d'habitude»).


L’émission des gaz NOx, en particulier, a des effets directs sur le cœur et le système respiratoire.


«Sous-estimé»

Quand on parle du diesel, il est beaucoup question des particules fines et peu des NOx. Pourtant, ces gaz, qui regroupent le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2) et sont surtout émis par le trafic routier, sont eux aussi ultra-nocifs pour la santé. D’abord parce qu’ils sont une source majeure de particules fines «secondaires» (non émises directement mais résultant de la conversion de certains gaz). Les particules fines (dites PM 2,5, c’est-à-dire au diamètre inférieur à 2,5 µm) sont classées cancérigènes certains pour le cancer du poumon par l’Organisation mondiale de la santé et sont responsables de pathologies cardiovasculaires (infarctus, accidents vasculaires cérébraux). «Or les particules secondaires se forment après la sortie du pot d’échappement, et "échappent" donc aux filtres à particules et tests de mesures, souligne Thomas Bourdrel, radiologue et membre de "Strasbourg respire". En outre, les NOx sont des précurseurs de l’ozone, qui est aussi un gaz toxique pour l’appareil respiratoire.»


Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), les particules fines ont provoqué en 2012 la mort prématurée de 403 000 personnes en Europe, dont 43 400 en France - chiffre revu à la hausse en 2016, à 48 000 morts par an. L’ozone avait, lui, causé 16 000 décès prématurés en Europe en 2012 selon l’AEE, dont 1 500 en France.


Quant aux NOx, leurs effets sur la santé sont loin d’être uniquement indirects. Ainsi, d’après l’AEE, le NO2 a provoqué en 2012 la mort prématurée de 72 000 personnes en Europe, dont 7 700 en France. Pour Thomas Bourdrel, ces chiffres sont «sous-estimés, car ils ne prennent pas en compte les dernières études sur les effets directs du NO2 sur le cœur, qui s’ajoutent à ce que l’on savait déjà de ses effets directs sur le système respiratoire, où il est notamment responsable d’exacerbations de l’asthme et de bronchites chroniques». Et de citer une étude italo-suisse compilant 23 articles scientifiques publiés de 2004 à 2013. Selon celle-ci, les effets d’une exposition à long terme au NO2 (sur plusieurs années) sur la mortalité globale sont comparables à ceux des particules fines, la mortalité cardiovasculaire étant la plus impactée. Le NO2 a aussi un effet toxique direct à court terme, c’est-à-dire en cas de pic de pollution. Une étude dirigée par le cardiologue belge Jean-François Argacha fait même état d’une augmentation du risque d’infarctus plus élevé pour le NO2 que pour les particules fines.


Micro-aperçu
Ceux qui souffrent le plus du diesel sont les enfants et les personnes âgées. «NOx et particules fines altèrent notamment le développement de la capacité pulmonaire des jeunes enfants, explique le Dr Bourdrel. Mais tout le monde est concerné : nombre d’études démontrent des effets cardiovasculaires chez des sujets jeunes et en bonne santé, même à des niveaux de pollution inférieurs aux normes européennes.»Dans une étude publiée le 3 mars, des chercheurs du MIT estiment à 1 200 les décès prématurés en Europe liés aux émissions de NOx supplémentaires émises par les seuls véhicules Volkswagen truqués vendus en Allemagne de 2008 à 2015. Un micro-aperçu du scandale sanitaire du dieselgate...

vendredi 17 mars 2017

Politiques Énergétiques s'attaque à la pollution de l'air

Nouvelle saison, nouveau format pour Politiques Énergétiques.

Et pour cette première émission, PE commence avec un sujet d'actualité : la pollution atmosphérique. Il ne vous aura pas échappé en effet que nous sommes en plein pic de pollution...comme d'habitude depuis quelques années à la veille du printemps.

Pour poser le problème et explorer les solutions, Politiques Énergétiques a invité Nicolas Meilhan, ingénieur-conseil Energie et Transport du cabinet Frost & Sullivan et membre des Econoclastes, et Olivier Blond, Président de RESPIRE.

Vous vous en doutez, le diesel fait partie des sources du problèmes à plus d'un titre : il ne s'agit pas que d'un simple problème sanitaire, il s'agit d'une situation problématique dans laquelle on en vient au final à subventionner cette pollution (niche fiscale que constitue le diesel). Il semble pour les autorités plus facile d'entendre la plainte des diésélistes que l'on tente de raisonner que les râles d'agonie des personnes fragiles empoisonnés à petit feu par les premiers. 

Comme vous le rappelleront les dieselistes prompts au dédouanent et habiles à la négation de leur culpabilité, le diesel n'est pas la seul source de pollution de l'air en France. Les deux invités de Politiques énergétiques dressent en début de vidéo un portrait des principales sources de pollution pour une mise en contexte du problème (comme d'habitude, l'accent est mis sur les particules, mais le sujet est suffisamment complexe pour ne pas s'attarder sur les autres polluants sur une présentation aussi courte).

Pour résumer, cette vidéo est très bien pour découvrir le sujet abordé d'un point de vue «énergétique», n'hésitez pas à l'approfondir sur le site très complet de RESPIRE, mais aussi au travers des travaux de Nicolas Meilhan ainsi que sur le le blog de votre serviteur.

https://youtu.be/58bUGgUBAvU

jeudi 16 mars 2017

«Diesel : Le rapport qui accuse Renault»

Libération a pu accéder à un rapport de Bercy concernant les émissions des véhicules diesel vendus par Renault. Je reviendrais sur le sujet plus en détail dès que possible, il se pourrait que nous soyons à la veille d'un scandale de l'ampleur de celui de Volkswagen...

«Renault a-t-il, pendant des années, modifié les performances de ses moteurs afin qu’ils respectent les normes antipollution… uniquement pendant les tests d’homologation ? La question se pose, de manière lancinante, à la lecture d’un document accablant le constructeur automobile français. Il s’agit d’un procès-verbal (PV) rédigé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), que Libération a pu consulter. »

(suite de l'article sur le site de Libération)